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Le siècle d’or des patronages : d’une nécessité sociale à une aventure collective !

Club, fédération, association ou encore union sportive… sont des termes bien connus de tous. Mais qui connait encore le patronage de nos jours ? Peu de gens sans doute. Et pourtant, nombre d’Associations émanent de cette égide.

Le terme de “patronage” apparaît en France à la fin du XVIIIe siècle, au cours de la révolution industrielle. A l’époque, cette initiative catholique est organisée pour venir en soutien aux classes populaires. Aujourd’hui, en résultent des espaces d’épanouissement ouverts à tous.

Origines et essor fulgurant

C’est dans un contexte de forte industrialisation et d’urbanisation croissante que les patronages ont vu le jour. Face à la misère sociale et à l’exode rural, l’Église catholique a souhaité offrir aux jeunes ouvriers, souvent livrés à eux-mêmes, un encadrement moral et matériel.

Ces premières structures, souvent modestes, proposaient des activités sportives, culturelles et religieuses, dans le but de les éloigner de la délinquance et de les moraliser.

Au début du XXe siècle, les patronages connaissent un essor fulgurant, favorisé par l’action des mouvements d’éducation populaire. De nouvelles associations laïques, comme la Fédération sportive et culturelle de France (FSCF), voient le jour, proposant une vision plus inclusive et ouverte des patronages.

Les activités se diversifient, intégrant des pratiques culturelles, artistiques et de loisirs. Le sport, notamment le football, devient un élément central de l’identité des patronages, contribuant à leur popularité croissante.

L’après-guerre : Adaptations et mutations

L’après-guerre marque une période de profonds changements pour les patronages. La société française se transforme, le niveau de vie s’élève et les loisirs se multiplient.

Face à ces bouleversements, les patronages doivent s’adapter. Ils se modernisent, investissent dans des infrastructures et proposent des activités toujours plus innovantes. De nouveaux publics sont également accueillis, notamment les jeunes filles.

Et chez nous, alors ?

A Oloron Sainte-Marie, à partir du milieu du XIXe siècle, les trois quartiers historiques (Sainte-Croix, Notre-Dame et Sainte-Marie) se dotent successivement de patronages gérés par des religieux. Toutes sortes d’activités sont proposés (théâtre, cinéma, musique avec cliques ou fanfares, colonies de vacances, gymnastique, football, basket …) pour arriver à un savant équilibre entre corps, culture et esprit.

Les Isards

Le plus ancien de nos patronages est celui des garçons de Sainte-Croix, fondé en 1842 dans les locaux de l’ancien séminaire du couvent des Cordeliers. Son nom, « les Isards », s’inscrit officiellement en Sous-Préfecture le 18 avril 1913 en raison de la position géographique du quartier, surplombant le reste de la ville. Il s’installe dans l’ancienne école des frères dont les locaux, place Saint-pierre, sont aujourd’hui occupé par l’Association La-Haüt.

Muni d’une salle des fêtes et de réunion, d’une chapelle, d’un espace pour les joueurs de clairons puis plus tard d’un fronton et d’une salle de cinéma, le patronage attire la jeunesse. En 1942, 100 ans après sa création et malgré les difficultés de l’époque, le patronage compte 60 jeunes de 13 à 20 ans. L’équipe de football des Isards joue d’abord sur son terrain à Bitète puis plus tard sur le terrain Dabadie au bord du Gave d’Ossau.

Le patronage des filles sera fondé en 1843 par Melle Lucile Plou. Après la Première Guerre mondiale, les filles peuvent accéder au patronage dès l’âge de 7 ans. Puis à 12 ans, après la communion solennelle, elles entrent dans le « grand patronage » où elles suivent les cours de catéchisme et peuvent fréquenter la bibliothèque paroissiale. Elles exercent des activités essentiellement culturelles comme le théâtre alors qu’à la même époque, l’activité des garçons est plutôt tournée vers le sport et la clique musicale.

L’avant-garde Saint-Grat

À partir de 1908, le patronage de L’avant-garde Saint-Grat rassemble les jeunes du quartier Sainte-Marie. Installé à l’emplacement de l’actuelle maison paroissiale “la Trinité” au 7 rue d’Arboré, le bâtiment comprenait une salle d’agrès (barres fixes, anneaux et trapèzes) qui permettait aux jeunes gymnastes de s’entraîner pour les nombreux concours auxquels ils participaient.

Si la musique et la clique de L’avant-garde Saint-Grat représente aussi une des principales activités du patronage, son équipe de football en est le fer de lance. On joue au football et au rugby (jusqu’en 1925) à Sainte-Marie sur le terrain Peyré, avec pour vestiaires 2 salles de classe de l’école Saint-Cricq puis sur le terrain Palas.

La Jeanne d’Arc d’Oloron

C’est en 1910 que naît la Jeanne d’Arc d’Oloron au quartier Notre-Dame. Au départ, le patronage est créé au Collège de la rue Pomone (aujourd’hui rue Palassou), dans la maison Montaut, avant de s’installer définitivement à la rue des Barats.

La vie de ce patronage s’organise autour des activités religieuses, de la musique, des jeux, du théâtre, des promenades et du sport avec le football, la gymnastique et ses grands concours, et, bien entendu, l’athlétisme. Mais côté jeu de balle ou de ballon, c’est le basketball qui fait la renommée de ce « patro ». Côté musique, la clique s’enrichit au fur et à mesure d’une grosse caisse, de cymbales, de trompettes, de clairons.  Ses 100 gymnastes et musiciens forment un ensemble harmonieux qui concourt régulièrement.

En 1910, les trois quartiers d’Oloron-Sainte-Marie ont donc leur “ patro”. Ce sont des lieux de vie pour les enfants, les adolescents mais aussi pour les adultes. Après un ralentissement pendant la Première Guerre mondiale, l’activité est relancée à partir de 1919.

Entre 1919 et 1939, les équipes de football jouent dans le Championnat de l’Union Pyrénéenne et celle de la JAO dans celui de la Ligue de l’Adour.

À la fin de l’année 1948, afin de dynamiser ces institutions, une nouvelle union est réalisée entre le patronage de la Jeanne d’Arc et celui des Isards de Sainte-Croix. Au-delà des équipes de football déjà réunies dans une précédente “Union Oloronaise”, ce sont désormais les sections clique et gymnastique qui sont rassemblées.

À partir des années 1960, après un passé glorieux, l’activité sportive des patronages est en déclin. Les activités culturelles sont alors privilégiées. De plus, L’avant- garde Saint-Grat qui connaît des difficultés financières, se voit dans l’obligation de vendre son terrain Palas, appartenant à la paroisse Sainte-Marie, à la ville d’Oloron. En 1970, la longue histoire du football des patronages se termine    avec la création du FCO section football.

Quant à la section de basket du patronage du quartier Notre-Dame, elle devient une association sportive à part entière qui représente aujourd’hui l’héritage de la Jeanne d’Arc d’Oloron à elle seule.

Le terme “Patronage”, pourtant porteur de sens et d’histoire, est abandonné dans les années 1980 et est remplacé par le terme “centre de loisirs” ou “accueil de loisirs”. De nombreux patronages, au sens originel du terme, disparaissent alors définitivement  tandis que d’autres fêtent encore aujourd’hui leurs 125 ans !

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