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Un auteur dans nos murs (2/2)

Recevoir un auteur et l’entendre donner corps à son œuvre est toujours une expérience excitante qui revêt un caractère unique.

Chaque rencontre étant forcément différente, il nous a paru important de nous saisir un peu mieux de la personnalité de cet homme de terrain pour pouvoir aborder son livre avec un autre regard.

Parce que l’on est très gâté et qu’Olivier Truc est généreux, il nous a fait l’honneur de bien vouloir se prêter au jeu de l’interview !

L’interview décalée ( un peu !) d’Olivier Truc

Hélène du Pôle Culture (H): Comment travaille Olivier Truc ?

Olivier Truc (O.T.) : Comment je travaille ? Alors ça dépend avec quel projet je travaille. Je travaille avec différents types de projets, aussi bien avec des romans que des manuscrits de bande-dessinées, des documentaires…ça démarre toujours par des recherches. Et suivant le type de projet, je vais être seul, ou avec d’autres personnes.
Quand c’est de la fiction et que je ne suis pas seul sur un scénario de bande-dessinée ou de série télévisée, cela passe beaucoup par un échange avec d’autres scénaristes. (NDLR : un ou deux de manière générale). On est beaucoup dans du brainstorming, à faire naitre des personnages, des idées… Lorsque je travaille seul, lorsque j’ai une idée de livre, ça passe par du voyage sur le terrain. J’ai vraiment besoin de rencontrer des gens sur le terrain, de voir des lieux, les gens dans leur environnement. C’est pour moi une grande source d’inspiration !

H : Un jour vous avez dit que “le polar a été inventé pour les journalistes frustrés”. Etiez-vous, jusqu’alors, un journaliste frustré ?

O.T. : Exactement !! Oui, par certains côtés, tout à fait ! J’ai adoré et j’adore toujours le métier de journaliste et jusqu’à la fin, dans ma tête je serai journaliste. C’est vraiment un état d’esprit qui m’habite complètement, même si je le dévoie par la fiction.
Je passe beaucoup de temps sur le terrain. Beaucoup trop de temps. Je ne suis pas un journaliste rentable ! Je fais raconter leurs vies aux gens, je vais y passer deux heures au lieu de cinq minutes ! Et après je me retrouve avec des carnets de reportages monumentaux, alors qu’au final j’ai ¼ de page à écrire, donc beaucoup de gaspillage. Avec les romans policiers, j’ai l’impression de pouvoir rendre honneur à ces gens dont j’ai utilisé le temps. Je sais que j’ai pleins de personnages comme ça qui m’attendent dans les carnets. Et c’est ce qui est formidable avec ces livres : pouvoir soigner la frustration !

H : Vous semblez aimer aller là où les autres ne vont pas. Pensez-vous que c’est la raison principale pour laquelle vous avez exploré la culture sami ?
O.T. : Complètement ! Alors là, tout à fait ! C’est tout à fait vrai ! C’est à dire que ce qui m’a beaucoup frappé lorsque j’ai commencé à découvrir la culture sami c’était justement que mes collègues et amis à l’époque où j’habitais à Stockholm, ne s’intéressaient pas à cette culture là, à cette région là ! Et je ne comprenais pas, parce que pour moi qui commençais à y aller, j’y découvrais au contraire des trésors d’histoire qui ne demandaient qu’à être ramassés. Et c’est vrai que j’ai toujours considéré, comme journaliste, pas seulement comme romancier, d’essayer d’aller là où les autres n’allaient pas. Les journalistes peuvent parfois, et c’est le reproche que l’on peut leur faire à juste titre, avoir un côté très suiviste. Ils vont aller en meute sur certains sujets et moi, je ne me sens pas à l’aise dans le côté meute, tout simplement. J’ai un côté assez solitaire aussi, j’aime bien chasser en solitaire.

H : Vous abordez régulièrement la menace de la montée des partis d’extrême droite dans les pays scandinaves, notamment dans vos séries de BD. (NDLR : “Les infiltrés” et “On est chez nous”, co-écrites avec Sylvain Runberg) Pensez-vous que la BD est un bon canal pour populariser des sujets d’actualité ?
O.T : Oui ! Je pense qu’à priori, on touche un public différent. En revanche, je suis incapable de mesurer l’impact, malheureusement. Mais c’est ce que je pense, c’est d’ailleurs pour ça que j’aime aborder tout type d’écriture et c’est ce qui m’intéresse aussi avec la BD. Bien qu’il y ait d’autres frustrations avec la BD parce que l’on a moins de place pour découper certains personnages. Mais on peut aborder différentes histoires auprès de différents publics. Entre autre, sur des questions comme ça. Oui, je crois beaucoup au format BD pour élargir sur ce type de sujet.

Nous tenons une nouvelle fois à remercier Olivier Truc, tant pour sa disponibilité que pour la simplicité grâce à laquelle nous avons pu échanger.

Les coups de coeur “Noirs” de Marion

Un festival de littérature tel que “un aller retour dans le noir” est certes un temps fort annuel mais surtout une nouvelle opportunité pour que nos bibliothécaires puissent vous donner leurs avis, toujours objectifs, sur les documents qu’elles sélectionnent.
Ce mois-ci, Marion à choisi de vous parler de trois ouvrages :

Les disparus de Pukatapu

Merci pour ce polar dépaysant: plages de sable fin, lagons et cocotiers hum ça sent bon les fleurs de tiaré.
Mais bon par contre c’est pas ambiance vacances! Meurtres, suicides, corps décomposés et croyances ancestrales un peu flippantes sont au rendez vous. Une enquête bien menée par deux héroïnes attachantes et une résolution sur fond d’essais nucléaires menés par la France dans la région fait froid dans le dos.
L’auteur connu dans le monde des” people” pour écrire des textes de chansons est une jolie découverte.

La face nord du coeur

Un gros pavé bien épais, énorme comme la catastrophe de l’ouragan Katrina en Louisiane et sa gestion par les autorités américaines qui sert de toile de fond à cette enquête. La police poursuit un sérial killer et se retrouve à mener l’enquête au milieu des cadavres qui flottent. Incroyable situation, incroyable enquête, Dolores Redondo enrobe le tout avec la profondeur et l’originalité de ses personnages. Un gros pavé mais à la fin j’en redemande!

Série “Agatha Christie”, Editions Paquet

A l’occasion des 100 ans de la parution du premier roman d’Agatha Christie, les éditions Paquet proposent une série de bandes dessinées reprenant les best sellers de l’auteur. Chaque tome est proposé par un scénariste et un dessinateur différent ce qui rend la proposition assez inégale. Mes titres préférés sont « Mort sur le Nil » et « Un cadavre dans la bibliothèque », j’ai aimé les choix de scénarisation mêlant la précision de l’enquête et une ambiance so-british bien rendue, à noter un beau travail de cadrage et de mise en page des planches valorisant les paysages anglais.
7 titres disponibles à la médiathèque.

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