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Mouvements !

Comment ça s’exprime, un corps?

Depuis la nuit des temps, le corps humain est le sujet de prédilection du domaine de l’art. À travers les époques, ses variations, ses formes diversifiées et ses transformations ont inspiré plus d’un artiste.

Le corps, véhicule de l’émotion. Il se métamorphose au gré des intentions.

Peintres et sculpteurs se sont volontiers confrontés à la représentation du mouvement dans la fixité de l’œuvre. Et c’est bien ce paradoxe qui s’inscrit dans l’histoire de l’art!

Utilisant matériaux et techniques, procédés et astuces, les artistes, quel que soit leur domaine, tentent l’aventure de l’illusion de ce va-et-viens.

Qu’ils représentent le corps en tension, une course effrénée ou la beauté gracieuse d’une danseuse, ils reproduisent la vie, son dynamisme. Et figent le mouvement pour l’éternité.

Dans le cadre de sa nouvelle programmation, la Villa Bedat vous propose une exposition sur le thème du Corps en Mouvement.

Laissez-vous dès à présent guider par Lauriane, qui a rejoint les rangs sous peu, et qui nous offre une visite poétique à travers les œuvres. (Petit message à l’attention de Lauriane et Cécile : bienvenue parmi nous, les filles !)

 

Une exposition à plusieurs mains

Au travers cette nouvelle programmation, nous y avons vu l’occasion de faire découvrir au public quatre univers différents qui dialoguent autour de la représentation du mouvement et du corps.

Une vue inédite sur la ville se révèle depuis la galerie du premier étage. L’espace d’exposition blanc et cubique de la Villa, ouvert sur Oloron et le Gave d’Aspe, offre aux visiteurs un lieu atemporel où le quotidien s’accorde avec le passé.

Sur les murs, des réalisations encadrées du photo-club Messier illustrent avec passion la thématique du mouvement et l’art de sa capture par la technique photographique.

Chronophotographies, prises à haute vitesse ou séquençages, orchestrent un ensemble de sujets cavalant, sautant, marchant, volant, tournant, tombant…

Au centre de la pièce, les rayons du soleil s’accrochent et glissent sur les sculptures de trois talentueux artisans d’art et artistes locaux. Bois, métal et céramique se mêlent et composent une ronde mouvante de formes humaines.

Les dondons en faïence, rondes et douces, de Brigitte Ottlé se confrontent aux angles aigus et aux mains pointues des figures élancées de Jean-Marc Martinez, artiste du fer.

Les personnages haut en couleur de Claude Lalanne ont été façonnés par la nature, sont nés dans les bois, sur les bords des talus ou encore lissés par l’eau. Claude ne fait que révéler leur essence, affiner leurs traits et leur insuffle la vie en les colorant joyeusement.

La Villa vous propose cette exposition jusqu’au 25 juin.

Une exposition pleine de vie qui rappelle que notre corps est multiple et qu’il est fait pour bouger, danser, sauter, courir et embrasser.

Ernest Gabard et Caddetou (Extrait de l’exposition)

 

Ernest Gabard (1879-1957) est un artiste béarnais aux multiples facettes : sculpteur, dessinateur, peintre. Très observateur, il est un témoin de son époque, très ancré dans son territoire. Passionné entre autres par le sport, il parvient à saisir avec réalisme le geste des athlètes, de même dans la sculpture où les personnages prennent vie.

Mobilisé dès 1914, il réalise entre 1915 et 1916 un carnet constitué de 42 aquarelles ainsi que deux séries de 10 cartes postales. De retour en Béarn, très marqué par cette participation au premier conflit mondial, il rend hommage à ses camarades en réalisant dix-neuf monuments aux morts en Béarn, Pays-Basque, Landes et Bigorre. Il sculpte aussi de nombreux monuments publics comme par exemple « la fontaine aux enfants » située sur le boulevard des Pyrénées à Pau et un ensemble d’œuvres pour l’église NotreDame de Pau. C’est le dessin, la bande dessinée qui lui apportent la notoriété.

 

 

En 1907, pour amuser sa fille, Ernest Gabard crée une bande dessinée « Las heytes de Caddetou » dans laquelle il donne vie au personnage d’un cadet béarnais, véritable expression de la réalité sociale de la campagne de cette époque.

En effet, dans une famille pyrénéenne, au moment de la transmission des biens, l’aîné de la fratrie hérite de l’ensemble de la maison, la « casa ». Tout naturellement, les frères et sœurs obtiennent le statut de cadet. A cette dénomination correspondant à une nouvelle position sociale « inférieure » au sein de la maison se rajoutait parfois le suffixe « tou » donnant ainsi« Caddetou » (terme utilisé aussi affectueusement pour désigner le petit dernier d’une fratrie).

Ce cadet quitte alors la « casa » pour convoler parfois avec l’héritière d’une autre maison ou devenir domestique de ferme. Ce statut participe aussi à cette époque à un exode rural massif vers les villes ou les Amériques.

Lorsqu’il ne peut pas quitter la maison familiale, il se cantonne à effectuer les travaux domestiques avec le silence que lui impose sa position de cadet.

 

Le Caddetou de Gabard, lui, épouse sur le tard une héritière moustachue au caractère bien trempé.

Remuant, naïf et roublard, nez busqué, menton en galoche, le béret vissé sur la tête, un brin porté sur la bouteille, il se retrouve toujours empêtré dans des histoires burlesques ponctuées par de savoureuses expressions béarnaises.

Il devient alors incontournable et investit la presse locale. Fort du succès des aventures de ce personnage quelque peu caricatural, Ernest Gabard réalise alors des série de cartes postales humoristiques avec des légendes en béarnais, et traduites en français.

Caddetou demeure l’éternel béarnais d’un monde rural et d’un époque aujourd’hui révolus.

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