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Skier en Pyrénées Béarnaises, toute une histoire !

La pratique du ski dans les Pyrénées débute dans le prolongement des activités liées au pyrénéisme et au thermalisme. L’exploration de la montagne est largement pratiquée au cours de la  belle saison jusqu’à ce que certains aventuriers se lancent, à la fin du 19e siècle, à l’assaut des sommets alors que la neige les recouvre. Le ski est alors un moyen importé depuis les pays scandinaves de se mouvoir plus facilement, mais il ne s’agit pas de moyens utilisés par les guides locaux qui découvrent ce moyen de locomotion.

Dans un second temps, les touristes plébiscitent l’organisation de courses et de compétitions de jeux d’hiver (luges, bobsleighs, ski…) et viennent en séjour lors de ces événements proposés par les Club Alpin Français et Fédération de ski pyrénéenne.

archives arripe gourette les eaux bonnes

C’est ainsi qu’est organisé, en 1909, le deuxième concours international de Gourette à laquelle assiste le roi d’Espagne Alphonse XIII. 4 000 spectateurs vibrent lors des épreuves de courses masculines et féminines, de saut à ski et de bobsleigh… Pour faciliter les déplacements des skieurs, les locaux rivalisent d’imagination pour les tracter en haut des pentes alors que de  nouveaux hôtels, en marge des stations balnéaires, sont construits pour accueillir les adeptes des sports d’hiver sans pour autant dénaturer l’usage pastoral des sites d’altitude.

C’est véritablement avec la démocratisation de la pratique de ski alpin, après la Seconde Guerre mondiale que les équipements d’altitude vont se développer pour permettre l’hébergement et la restauration sur place des touristes. Les remontées mécaniques sont ainsi mises en place, avec accord de l’Etat, à Gourette à partir de 1936, renforcée après 1955 alors que la route d’accès à la station de ski est complètement sécurisée grâce à 3 paravalanches en 1954.

Le développement de la station de Gourette et les retombées locales en matière d’emploi et d’économie porte les élus de la commune d’Arette à s’interroger sur la possibilité de créer une station de toute pièce, sur le site pastoral de la Pierre Saint-Martin, sans qu’il n’y ait eu de passif en matière d’accueil des touristes. Cela induit la réalisation d’une voie d’accès, l’aménagement d’un château d’eau, la création de remontées mécaniques et de structures d’accueil.  Ce sont les éleveurs qui participent à la création du site, ils deviennent tour à tour muletiers pour apporter les matériaux, manœuvriers pour réaliser les premiers aménagements, perchistes pour aider les touristes et dameurs pour façonner les pistes avec la neige fraîche…

Les premiers skieurs sont ainsi accueillis dès 1962 alors que la délibération municipale validant le projet est votée en 1959. Le domaine skiable devient propriété du conseil général en 1964 mais la commune se réserve les droits de pacage pour que les éleveurs continuent à transhumer sur ces terres en période estivale. La station se développe entre 1970 et 1990 par la création du village des  chalets, de dix résidences, d’hébergements collectifs…. en tout 3 000 lits sont disponibles. Pour compléter son offre de sports d’hiver, l’espace nordique du Braca est créé au début des années 1990, permettant la pratique du ski de fonds, des raquettes, de chiens de traineaux…

Cet engouement pour ce type d’activités hivernales a également justifié la création, à quelques lieux de la Pierre Saint-Martin, l’espace nordique d’Issarbe. Dernière station née dans les Pyrénées béarnaises, elle est gérée par la commune de Lanne-en-Barétous depuis 1990, et propose 31 km de pistes de fond, raquettes le long des crêtes entre la vallée de la Soule et la Pierre Saint-Martin.

Parallèlement, en haute vallée d’Aspe, au sein du Parc national des Pyrénées, sur la commune d’Urdos, la possibilité de convertir une piste forestière en piste de ski de fond interpelle les habitants et les pouvoirs publics au milieu des années 1980. De légers aménagements permettent d’accueillir jusqu’à 1 000 skieurs sur une saison, ce qui permet d’envisager la création d’une station. La réflexion est portée à l’échelle transfrontalière avec Astun (ouverte en 1976) et Candanchu créée dès 1928, avec 44 pistes de ski alpin. L’idée est de pouvoir passer d’un domaine skiable à l’autre, d’assurer une continuité pour les skieurs.

Fin 1988, l’espace nordique du Somport comprend un bâtiment multifonction et 7 pistes (25km) accessibles mais le projet d’aménagement de structures d’hébergement n’est pas réalisé au vu des contraintes de préservation de l’espace naturel. Depuis 2017, l’espace nordique du Somport est géré par la Communauté de Communes du Haut-Béarn qui a procédé à sa réhabilitation complète en 2023.

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